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mercredi 23 septembre 2015

Apparent ou réel ?

Le sujet d'aujourd'hui sera technique.



C'est le 14 juillet et comme il se doit, vous remontez les Champs Elysées dans la voiture présidentielle. Sur l'aile de la limousine flotte le drapeau national qui du fait de la vitesse du véhicule pointent vers ... l'arrière. Plutôt que de saluer vos troupes vous vous posez alors une question fondamentale: "Est-ce que le vent souffle toujours d:en face de la voiture ? en effet,  les drapeaux flottent vers l'arrière". Toujours est-il que ce moment et cette question, vous n'êtes pas prêts de les oublier. Ainsi donc, un véhicule en se déplaçant crée son propre vent, c'est ce qu'on appelle le vent de vitesse, pour une voiture la vitesse du véhicule est tellement supérieure à celle du vent réel, que les drapeaux pointeront toujours (plus ou moins) vers l'arrière.

Revenons à présent  à bord de Serendip: On comprend que, similairement, le vent reçu par le bateau est une combinaison entre le vent réel et le vent de vitesse. Autrement dit le vent à bord du bateau est un "vent apparent", différent de celui qu'on observerait à terre. Sa direction est fonction de la direction (et de la force du vent réel)  pondérée par la vitesse du bateau et comme un voilier va moins vite qu'une voiture les deux directions se combineront d'avantage. Par exemple si le bateau fait 8 nœuds de vitesse et que le vent réel est de 8 nœuds par le travers (90°) , le vent apparent viendra entre les deux, c'est à dire à 45° du bateau. Il faudra régler les voiles en conséquence, c'est à dire pour une allure de "près" (cf. article précédent).

Toujours en se basant sur le dit article, où je vous expliquait la difficulté qu'il y avait de tenir un vent arrière (entre 150° et 180°) il s'agissait bien entendu du vent apparent. Au niveau force, le vent apparent diffère aussi du vent réel: par exemple si un vent réel de 15nds vient de l'arrière d'un bateau faisant 5nd, le vent apparent ne sera  que de 10nds (15 - 5 = 10). Si par contre il venait au près (45°), il faudrait ajouter en force au vent apparent qui passerait alors un peu moins de 20nds ("un peu moins" car le vent n'est pas tout à fait de face).

Mais en quoi cette connaissance pourrait nous servir en grande croisière ?

D'abord, en ce  que les données météo, donnent le vent réel: ce qui en apparence sera un près bon plein, pourrait devenir un près serré si le bateau
  avance rapidement et que le vent n'est pas trop fort.

Mais il y a pet-être plus intéressant encore: imaginons que vous receviez un vent apparent presque vent arrière (150°). La force apparente de ce vent est de (par exemple) 15nd. Nous avons vu que dans une mer un peu formée le bateau demandera de gros effort à la barre et que le foc n'arrêtera pas  de vouloir passer d'un bord à l'autre, le bateau avancera à approximativement 3.5nds. Pour éviter de barrer trop près du vent arrière, vous "lofez" (remonter au vent) d'une vingtaine de degrés. Le bateau accélère et comme il accélère le vent apparent vient d'avantage de l'avant; au lieu de vous trouver à 130° du vent vous ferez du 110°.... alors que vous n'avez lofé que de 20°. Comme c'est trop loin de votre cap, vous "abattez" (prendre le vent plus en arrière) et en fait vous retrouvez votre premier cap, mais cette fois en faisant 5nds au lieu de 3.5 et en vous retrouvant à 130° du vent ce qui est un grand largue beaucoup plus confortable.  Autrement dit en lofant on a accéléré le bateau suffisamment que pour nous permettre une meilleure allure et une meilleure vitesse.

C'est pas beau çà, Monsieur le Président ?

Par: Destinations - 23.9.15

mercredi 16 septembre 2015

Vent en poupe

Lorsque tout va bien, qu'il y a pas d'obstacle, que tout réussi on a coutume de dire qu'on a le vent en poupe, c'est une expression qui date probablement  de l'époque où les voiliers avaient des voiles carrées, aujourd'hui la réalité est toute différente.

Cet article pour expliquer à ceux qui ne connaissent pas, comment marche un voilier et les raisons pour lesquelles nous avons été directement aux Canaries, plutôt que de passer par Madère.

Avec des voiles carrées, portant sur les deux côtés du mat, le vent venant de l'arrière  souffle dans la voile et pousse le bateau ... quoi de plus simple! Les voiles  d'aujourd'hui sont triangulaires et portent d'un côté du mat, retenus par une bôme. Si le vent vient de bâbord, la bôme ira à tribord et inversement le vent venant de tribord poussera la bôme à bâbord. On dira que le bateau est tribord ou bâbord amure. Autrement dit, que sur une moitié du cercle la voile sera portée à gauche et sur l'autre moitié du cercle elle sera portée à droite. Se pose alors la question à quel moment la bôme change de côté ? et on comprend qu'elle le fera lorsqu'on a le vent de face (vent debout) ou venant de l'arrière.
Dès lors, avoir le vent arrière est une position d'équilibre instable, si on la dépasse, la bôme change soudain de côté. C'est ce qui s'appelle "empanner" et l'empannage, si il n'est pas volontaire (une minute d'inattention) envoie la bôme avec une extrême violence de l'autre côté, pouvant aller jusqu'à une déchirure de la voile ou pire un bris du mat. Autrement dit avoir le "vent en poupe" est loin d'être aussi confortable qu'on pourrait croire, surtout si on a de la houle ou des vagues qui font balancer le bateau d'un côté à l'autre. On évite le risque en utilisant une "retenue de bôme", qui est un cordage empêchant la bôme d'aller de l'autre côté.

Une autre manière d'éviter le problème est de ne pas faire de vent arrière, et de naviguer avec le vent venant au maximum à 150° (largue - grand largue). La route est certes plus longue, mais la vitesse étant supérieure à celle du vent arrière, on y gagne en temps de voyage et en confort de barre. Ce fut ma préoccupation durant cette traversée vers les Canaries.

Une façon de diviser les allures (c'est ainsi qu'on appele la position du vent par rapport au bateau) est de diviser le cercle en deux :


Du vent de face au travers: les allures de finesse, dans cette zone le bateau est très performant au point de vue vitesse, car ce qui le fait avancer est non pas une simple poussée du vent mais le flux de celui-ci sur l'arrondi de la voile provoque une dépression qui "suce" le bateau vers l'avant. C'est au travers et au près bon plein qu'un voilier atteint les plus grandes vitesses.

Entre le vent arrière et le largue se trouve "le portant" le bateau y subira principalement la poussée et sera donc moins efficace, mais par contre les vagues venant de l'arrière rendront la route plus aisée.

Le premier jour après notre départ de Gibraltar, nous nous dirigions vers madère au près bon plein. Le bateau marchait vite et bien, mais... était gité et prenait les vagues à 45° sur l'avant. A l'intérieur c'était un véritable shaker. Lydia n'aimait pas du tout. Vers midi, je constatais que cette situation allait probablement durer tout les 6 jours que devait prendre la traversée vers Madère et ... que depuis le point où nous étions à ce moment là la distance vers les Canaries était exactement la même que celle de Madère. Un avantage d'aller vers les Canaries est de faire un cap plus Sud et donc de se trouver au portant (Grand Largue), nous irions probablement moins vite, mais serons certainement moins secoués. Après avoir consulté mon équipage, je décidais de remettre la visite de Madère à un autre voyage et de piquer droit sur les Canaries. C'est aussi le rôle du skipper, d'éviter toute velléité de mutinerie et de soigner au bon confort de sa compagne, captive du bateau.


Par: Destinations - 16.9.15

mardi 15 septembre 2015

Pescadores


On a beau lire les pilots et autres instructions nautiques, la réalité
apparaît souvent fort différente de ce qui en fait avait été très
précisément décrit par eux. Autrement dit, ce que l'on voit apparaît
comme totalement différent de ce que l'on avait lu.

Nous sommes partis de Gibraltar à trois heures, le temps de faire le
plein de diesel (à 0,58€/litre on aurait tort d'hésiter). Nous voilà
donc à slalomer entre les cargos et pétroliers à l'ancre pour arriver
vers 17h (soit 4 après la marée haute) à l'entrée du fameux Détroit. Au
centre du dit Détroit, se trouve deux voies destinées aux cargos (sorte
d'autoroutes maritimes) que nous ne pouvons franchir qu'en respectant
des règles très strictes de priorité. Nous décidons donc de rester à
droite (c'est à dire au Nord) de la dite zone et d'obliquer vers le Sud
après celle-ci.

En fait cette zone de trafic était peu chargée et seuls 4 cargos s'y
trouvaient. Pas de problème donc. Un petit vent de 5-7 nd nous poussait
tout gentiment et tout allait très bien : "En route pour Madère!".
Arrivés versTarifa, la nuit commençait à tomber, les quarts
s'organisent: nous sommes trois, nous avons donc chacun un quart de
trois heures suivies de 6h de repos ... en somme (c'est le cas de le
dire) presque des vacances. Je prends le premier quart (18h à 21h),
puis c'est le tour d'Anthony, notre efficace équipier, suivi par Lydia
pour le quart de minuit à trois heures.

Passé minuit, Lydia me réveille: "viens voir il y a plein de feux qui
clignotent".

Je me lève et jette un oeil dehors dans la nuit noire et je m'aperçois
que tout autour de nous sur des kilomètres de distance apparaissent des
lignes de feux clignotants il y a des rouges des verts des blancs.
Sommes nous tombés au milieu de la piste atterrissage de quelque aéronef
inconnus ? De quoi s'agit-il ? Jamais je n'avais vu de chose semblable.
La nuit on évalue mal les distances et comme ces feux me semblent encore
"petits" je décide de me rapprocher des deux plus proches ... quelques
appels de la VHF me parviennent et puis soudain, comme surgi de nulle
part (excusez ce cliché), un énorme projecteur est braqué sur nous et
puis fait balancer son faisceau dans une direction Sud, je mets le
moteur et me dirige à peu près dans cette direction. On navigue quelques
Miles (pour mémoire un Mile = approx 1.8 km); mais tout autour de nous
toujours ces rangées de feux clignotants. J'appelle à la radio: "Fishing
vessels this is the sailboat on your port side, can you give us a
direction to avoid your nets" (en gros "pêcheurs, indiquez moi une route
pour contourner vos filets")

Une barque en bois fonce sur nous, à son bord quatre ou cinq pêcheurs
qui nous demande dans un sabir curieux si nous comprenons l'espagnol,
nous répondons que oui, même si en fait ce n'était pas tout à fait vrai.
En grandes lignes ils nous font comprendre qu' faudrait attendre un peu
plus d'une heure qu'ils aient levés (ou posés) leurs filets énormes.
C'est alors que revient à mon esprit ce que j'avais lu (dans l'intro du
pilote Imray), sur ces énormes filets posés en plusieurs rangées sur
plus de 6Miles et capables d'arrêter un petit cargo. Pas question de
rester dans les environs, nous continuons donc vers le Sud, lorsque
soudain notre route croise celle d'un paquebot. On peut (en général)
faire confiance aux capitaines de paquebots, même de la compagnie Costa,
surtout lorsqu' ils vont vers l'ouest, ce qui est la bonne direction
pour nous. Nous suivons donc (dans la mesure du possible) le dit
paquebot et pouvons ainsi traverser les filets thoniers sans encombre.
Merci à la ligne Costa pour son assistance involontaire :-). Une fois le
paquebot parti dans le lointain, nous longeons encore d'autres de ces
filets, mais cette fois sans angoisses car ils étaient moins grands et
nous nous étions rappelés qu'il débutaient ou finissaient par deux feux
superposés: rouge blanc ou rouge rouge.

Donc si vous passez par le "banco de dos hermanas" à la sortie du
détroit de Gibraltar, méfiez-vous des énormes filets thoniers. Mais
probablement (comme moi) face à la réalité de ces filets, vous aurez
tout oublié de ce que vous aviez lu.

Henri
Par: Destinations - 15.9.15

Une novice en traversée

La loi des "in": impensable , incroyable , instable, inconfortable ... inquiétant mais indescriptible .
.

Imaginez vous vivant pendant presque une semaine sur une balançoire qui oscille en permanence entre 90 et 45 degrés.

Vous comprenez tout de suite l'inconfort que cela génère: tout devient très vite un petit combat. On ouvre la porte d'un  placard et  une série de boîtes de thon nous attaque sauvagement. Il faut un bon quart d'heure pour s'habiller . Se coiffer n'est pas simple non plus ( j'y ai d'ailleurs renoncé au bout de deux jours ).

L'état de ma bouteille d'eau suggère le lien à certains moments ...


Je fonctionne donc a minima: tous les jours je me lave , me brosse les dents et change de sous- vêtements . Pour le reste je dors habillée car la rotation des quarts ( trois heures à la barre toutes les six heures , jour et nuit )  me rend zombie . Je m'économise. Je renonce même à mon sacro -saint thé du matin . En prime les nausées ne me lâchent pas .

Les quarts, la nuit à la barre, sont des temps forts:
Barrer , debout , pendant trois heures ,dans la nuit noire sans lune ni étoiles , les yeux rivés sur le compas pour garder le cap  suppose une bonne concentration ... qui fatigue ...

Mais barrer c'est aussi savourer les couchers et surtout les levers de soleil . C'est voir en premier les dauphins qui jouent dans l'étrave de notre bateau , c'est se guider parfois aux étoiles ,observer les satellites , regarder les fugitifs     planctons phosphorescents ...

Indescriptible océan toujours courant, tout proche, jouant avec nous gentiment mais avec une force ....indescriptibles sensations d'émerveillement , de fascination .

Tout devient étrange : une lumière peut être rassurante quand c'est celle des étoiles , inquiétante quand c'est un cargo qui va croiser notre route .

Manger une salade en contemplant la mer , là , si près ,à cinquante centimètres de moi ...cette immensité . Tous les actes du quotidien deviennent inhabituels .

C'est pour tout cela que je suis heureuse d'avoir vécu cette expérience . Mais , je préfère vivre des petites traversées pour ne pas subir trop longtemps les conditions drastiques imposées par l'océan .

Je n'irai pas aux Antilles . Henri a bien compris à quel point j'avais été malmenée . Nous restons donc aux Canaries qui sont un petit paradis .

Un petit mot pour notre jeune co-équipier Anthony , toujours de bonne humeur et plein de prévenance . Henri a aussi toujours répondu à mes appels , avec beaucoup de patience et de gentillesse , même quand je le réveillais pour m'aider à régler les voiles . Il nous a menés à bon port en faisant les bons choix .

La traversée s'est donc bien déroulée . C'est vrai que l'Océan majestueux et libre  est moins pénible que la Méditerranée capricieuse , qui semble prisonnière des trois continents .

J'ai simplement constaté que j'étais plus adaptée à la vie sur la terre ferme que sur les mers . Je suis sereine car je crois que c'est le cas pour la majeure partie de l'humanité .
Arrivée à Lanzarote

Par: Destinations - 15.9.15

mardi 8 septembre 2015

Escales (2)

Arrivé à Gibraltar, nous sommes sur le point de lancer SERENDIP à travers l'Océan pour une traversée de 600 M  en direction de Funchal (Madère).


Il est donc temps de terminer la description des escales que nous avons effectuées jusqu'à là.


31 Aout: Aquadulce


Ce petit port près d'Almeria contrasre avec les ports précédents en ce sens qu'il est très peu encombré, ici aussi la crise a frappé.

28.25€

1er Septembre:  Almerimar


Courte navigation pour nous rapprocher de Gibraltar, en direction de la grande marina d'Almerimar ou j'a passé quelques mois il y a 15 ans déjà. C'est un endroit que j'aime beaucoup car les bassins se yrouvent au milieu des habitations et des commerces. Mais la crise a frappé et près de la moitié des commerces sont à vendre. Un peu de tristesse pour cet endroit sympa.

(27€)

2 Septembre: Motrill

Malgrés un avis de vent frais nous décidons de partir, cette fois moteur contre le vent nous avancons à peine. Motril est un Club Nautico tout à fait charmant, qu'aimait fréquenter le Roi Baudouin de Belgique. Accueil sympathique, mais environnement curieux puisque le Yacht Club est situé tout au fond d'un port de commerce très actif avec des départs de ferrys pour le Maroc. Pour aller voir les environs il faut passer la Douane et un contrôle de Police. Toujours est-il que la forte brise nous y a retenu plusieurs  nuits;
(45€)


5 septembre: Benalmadena


Parti sur une mer d'huile accompagné par quelques dauphins, nous arrivons enfin à Benalmadena, port où nous rejoint Anthony, notre équipier. Benalmadena est un port où le mauvais gout cotoie tout ce qui fait le cliché des lieux touristiques: magasins de souvenirs hideux, cartes postales de pin ups dénudées, T shirts d'équipe de foot etc... etc... et une foule cosmopolite  dense et compacte. Mais il y a moyen de prendre Benalmadena par un autre bout de la lorgnette et de la considérée comme un chef d'œuvre du kitch alors elle devient drole et attachante.
(25€)

6 septembre: La Duquesa


On aurait du rejoindre Gibraltar, mais la Mediterranée nous a fait oublié qu'il existait des marées Arrivé au large de la baie de Malaga, un fort courant (contraire évidemment) s'est fait sentir, au lieu de 6 nds nous avançons à même pas 3 nds. Plutôt que de lutter, nous préférons obliquer vers le charmant port de la Duquesa. A l'opposé de
 La Duquesa ce port est tout à fait charmant, bon accueil, magnifiques sanitaires et prix intéressant.
(18€).

7 septembre Marina Bay (Gibraltar)


C'est sous en ciel chargé que nous découvrons le rocher, la mer forme aux alentours du cap des rouleaux important, mai Serendip les franchit sans problème, j'ai été agréablement surpris par son excellent passage dans les vagues. Gibraltar est un lieu mythique, marina bay est située tout au bout du port prè de la piste d'atterrissage de l'aéroport (à 150m)
Par: Destinations - 8.9.15

Gibraltar vu par lydia L


Le Rocher est bien à la hauteur de son mythe . C'est un lieu de bout du monde .

A son approche la houle danse à grandes enjambées pour le plaisir d'une troupe de dauphins qui badinent entre deux eaux .
Moi je tangue avec moins d'élégance fascinée par ce lieu de passage , par les multiples cargos que nous surveillons attentivement, par la profusion des grues et par la diversité des activités portuaires .

Notre port est très british : sans avoir à traverser la Manche , nous sommes passés de l'Espagne en Angleterre . Impressionnant ! C'est très réconfortant pour moi car la familiarité avec l'anglais est plus grande qu'avec l'espagnol ( et puis cela me rappelle ma famille anglaise ...) . Et puis la brume est si nordique ...,

Autre surprise:
La piste d'envol est à cent mètres de notre bateau. Au début nous pensions que c'était la digue !


Au supermarché, j'ai l'impression d'être à Londres . Nous faisons le plein pour la traversée eau et vivres .On paie bien sûr en pounds.

Demain vers 15:00 nous partirons avec la marée vers Madère . Les quarts dont établis . Je prendrai mon premier de 21:00 à minuit , seule sur le pont à la rencontre de l'océan que je vais découvrir comme je ne l'ai jamais connu ...

Pas de communication jusqu'à dimanche où nous serons , je l'espère , à Madère . C'est une petite aventure que bien des hommes ont déjà vécue  mais l'émotion de mes proches, leur inquiétude et leur tendresse me touchent ; c'est à eux que je penserai dans mon cockpit la nuit ...et je sais que je ne serai pas seule .
Par: Destinations - 8.9.15

dimanche 6 septembre 2015

Imprévisible

Impressions d'une novice  suite (Lydia L)


Je dirai désormais "changeant comme la mer"... Une relation personnelle s'établit avec elle .J'ai parfois envie de lui parler, j'essaie parfois de capter son énergie ou de l'apaiser ... J'ai gardé tout mon bon sens mais je retrouve les vieux réflexes animistes : il faut établir un contact d'une manière ou d'une autre avec des éléments qui nous écrasent .

C'est l'inquiétude , le regard fixé sur les cimes des vagues qui moussent peu à peu de colère .Ce sont les nausées qui ne le lâchent pas dès que la mer sous le fouet des vents s'énerve . Mon corps perd sa quiétude comme elle .

Mais C'est aussi la fascination des ondes , reprises par les ondulations des dauphins, les amples arabesques des oiseaux migrateurs .Chaque geste de vie animale devient attachant : solidarité du vivant .

C'est aussi la surprise des ports si dissemblables . Hier Benalmadena nous a surpris par son aspect kitchissime façon décor Las Vegas reconstitué.

Aujourd'hui contrariés par des courants hostiles nous n'avons pu joindre Gibraltar. C'est le petit port de Duquesa paisible et bon enfant qui nous accueille.

Cette expérience est tout à fait unique pour moi mais le prix à payer est peut-être un peu cher . Après avoir lutté  toute ma vie , ne vaudrait il pas que je vogue sur des eaux plus propices ?


Par: Destinations - 6.9.15

mercredi 2 septembre 2015

Shake down cruise

 

Mamir Scoop

La révélation du jour : la météo marine , malgré son air sérieux , n'est pas plus fiable que la météo terrestre. On ne peut pas en vouloir aux météorologues : "le monde n'est qu'une branloire pérenne "constatait déjà Montaigne . ( cf l'article ci dessous du capitaine sur notre périple d'aujourd'hui .)
Lydia
 

Cette fois, plutôt que de vous parler des escales, je vous parlerai de
la route. Il faut savoir que si on veut longer la cote espagnole depuis
le Cap Creus jusqu'à Gibraltar, il y a de grandes chances pour trouver
des vents contraires. Alors soit on prend le temps de louvoyer, soit on
a recours à la "risée Perkins", c'est à dire au moteur. En partant de
Port Leucate, nous nous étions engagé à arriver à Benalmadena vers le 4
septembre, afin de permettre à Anthony, notre équipier à embarquer avec
nous. En temps normal, çà ne devrait pas poser de problèmes...

Le hic est que le temps normal n'existe pas toujours. Et aujourd'hui
était un de ces jours.

La météo était bonne, prévoyant 5-6 nœuds de vent d'ouest... bon c'est
vrai, partant de Almerimar vers Motril nous allions précisément à
l'ouest, c'est à dire que nous aurions le vent dans le nez du moins au
départ, car par la suite (vers 11h) le vent tournerait au SW nous
permettant de faire un près bon plein agréable. Pour ceusses qui ne
sauraient pas, çà veut dire qu'on avancerait à 45-50 degrés du vent. La
mer serait peu agitée avec des creux maximum de 0,5m. Bref ce que les
marins sexistes appelaient : "un temps de demoiselle", avant qu'Ellen
Mac Arthur ou Florence Arthaud ne leur en foutent plein la gueule.
Passons... On pouvait donc considérer les conditions propices à une
petite étape de 35 M (6 ou 7 heures).

C'est donc dans cet esprit que nous sommes partis vers motril : le vent
et les creux répondirent à notre attente et c'est donc à 5 ou 6 nœuds
que nous naviguions au moteur, le seul problème étant que le vent était
vraiment de face et donc impossible de mettre les voiles... mais çà
devrait tourner en fin de matinée. J'eus beau attendre et espérer il ne
tourna pas, par contre il forci 10 nœuds, puis 20 noeuds, puis il
"s'établit" aux alentour des 30 noeuds. La mer se creusant pareillement
on en arriva à des creux de 2m.

La Méditerranée a ceci de particulier qu'elle arrive à se creuser en
tout sens et avoir des chaînes de vagues se succédant à trois mètres de
distance. A chaque chute dans la vague le bateau s'arrête et nous
n'avançons plus qu'à un noeud et demi. "Nestor" notre fidèle pilote fait
ce qu'il peut... Mais il est temps de le remplacer par une main humaine.
C'est donc harnaché, attaché et ciré (à cause des embruns) que je
reprends la barre. Pas que je barre mieux que le pilote, mais çà
m'occupe et évite de me sentir le jouet des éléments. Je pousse le
moteur pour assurer une vitesse décente (3.5 nœuds) et me dirige par la
route zigzagante la plus courte vers le port de Motril. Deux moments
courts de panique:

La jauge indique dans les vagues 2,5m de profondeur (AÏe on est mal)...
mais çà ne correspond pas à la carte... on se souvient de l'orage de
Barcelone et on se dit que comme nous le sondeur n'aime pas être secoué.

Deuxième inquiétude, nous lisons dans le pilote que le port de Motril
n'accepte que difficilement les visiteurs, car il est complet. On essaie
de téléphoner ... pas de ligne on attend de longue minutes pour tomber
sur un répondeur... aucune envie de faire encore 10 M de plus dans ces
conditions . Enfin on obtient le contact et oui nous avons de la chance
Motril veut bien de nous.

C'est donc soulagé que nous abordons les deux trois heures de shaker
qui nous restent... on double le cap et Motril s'ouvre à nous.

Nous sommes heureux d'y être arrivé, mais pas très fier car remonter
vent debout des vents de trente nœuds, par mer formée est tout le
contraire du sens marin... Allez! on comprendra que nous étions pressés.
Trop sans doute. la conclusion serait que Serendip est un bon bateau
avec un bon moteur et qu'il passe bien la vague. les anglais appellent
les croisières avant une traversée "shake down cruise" ... c'est ce que
nous avons vécu.
Par: Destinations - 2.9.15