Translate

Fourni par Blogger.

Tags

Pages

Facebook

Subscribe Us

lundi 25 juillet 2016

Un an déjà

Tout bien considéré celà doit faire à peu près une année que Serendip a quitté son amarrage de port Leucate, pour entreprendre un tour de l'Atlantique de plus de 6000 Miles Nautiques. Une année riche en événements, en déceptions mais aussi en joies, en rencontres en expériences qui l'ont rendue à la fois émouvante et inoubliable.

Je n'ai jamais été bon en « nostalgie » et probablement que j'oublierai un tas de choses en racontant cette année tellement particulière. On voulait que Serendip se consacre à la « découverte de l'inattendu », le moins qu'on puisse dire c'est qu'à ce point de vue le contrat fut largement rempli.

Nous voilà donc quittant de bon matin notre appontement de Leucate, et nous fûmes surpris et ravis de voir que nos amis du ponton s'étaient levés d'aussi bonne heure pour nous souhaiter « bon vents » . « Nous » c'étaient Lydia, Danielle, Ninon et moi.

A aucun moment je n'avait conscience de tout ce qui allait se passer, à ce moment là j' étais plutôt préoccupé de savoir si « j'avais tout prévu » dans ce chantier qui m'a pris plus d'une année. ... on arrive très bien ainsi à refouler ses angoisses sous des problèmes techniques. Et puis .... qui peut prétendre tout prévoir ? C'est peut-être cette « arrogance » face au destin qui me permit d'avoir confiance en moi. Gibraltar était loin encore et les îles Canaries plus basses encore sous l'horizon.

Les gens


Ce voyage fut fait de séparation et de rencontres. De séparation douloureuse car à aucun moment de notre périple méditerranéen, ni moi ni Lydia ne pensions qu'une entente, une complicité, une tendresse, un amour de près de 12 ans puisse s'arrêter aussi abruptement.

Mais aussi de rencontres qui me permirent de mieux connaître et apprécier Danielle et Ninon, puis Anthony, le jeune kiné qui fut notre équipier pour Gibraltar Canaries. De Clarisse et Pauline mes vaillantes équipières de la Transat, qui, malgré leur faible expérience se sont montrées tout à fait à la hauteur. Et puis ces gens « de passage », bateaux-stoppeurs des Canaries, parmi lesquels Plume et Alise, les deux musicienne qui sans le savoir, m'ont encouragé à continuer. « On trébuche, puis on se relève et on repart » (même si on s'est un peu ouvert les genoux). Enfin le Capitaine Corvette Paul, qui pour fêter son anniversaire accepta de reconduire Serendip vers les eaux Méditerranéennes.

Islands and Atlantic Odyssey


Et puis il y eu tous mes copains des Rallyes : Islands Odyssey puis Atlantic Odyssey II . Oh je sais, certains seront étonnés de voir qu'une traversée, qui serait une quète de liberté, de marginalité, d'individualisme, se fasse « en groupe », comme un voyage organisé. En réalité, ils se trompe sur deux points :
  • Une transat n'est pas nécessairement un acte solitaire, mais plutôt (à mes yeux du moins) une expérience humaine entre les divers équipiers qui « partagent le même bateau ». Plutôt qu'une introspection, il s'agit là d'un unique vécu de relations interpersonnelles.
  • Les rallyse de Cornell Sailing Events tiennentt très peu du « voyage organisé », Les organisateurs arrivent, avec beaucoup de savoir faire, à la fois à laisser toute liberté aux participants et à la fois à organiser des activités d'un grand intérêt : Conférences préparatoires à une traversé. Inspection et conseils en matière de sécurité, mais aussi soirées animées ou sociales que ce soit dans les Yacht Clubs, les petits restos ou apéritifs informels entre participants. L'accueil lors du lunch qui suivit notre arrivé à la Martinique, me mis les larmes aux yeux, tant l'émotion était fortes et tant je savait mes amis de odyssée étaient sincères dans leur joie de nous retrouver.
Car dès les premiers jours, tant les participants que les organisateurs nous furent devenus familiers. J'ai gardé de ces deux rallye de véritables amitiés et de vraies complicités. Il y avait dans le groupe une série de gens tout à fait intéressant tant du point de vue humain que du point de vue de ce qui les avait amené à tenter l'aventure ... peu d'entre eux fuyaient quelques choses. Tous en fait , cherchaient à passer « à une vitesse de vie supérieure », rien que cela suffirait à les rendre intéressants.

Je voudrait faire ici une mention toute particulière aux organisateurs de Cornell Sailing Events : Pascal et Pascale, qui, avec tact et discrétion m'ont soutenu à leur insu, dans ces moments difficiles que fut ma séparation d'avec Lydia. Et puis Jimmy Cornell, inénarrable navigateur qui est probablement l'homme au monde le plus au courant de la croisière océanique, encyclopédie vivante, mais plus que cela homme de communication, sachant expliquer et transmettre ses conceptions du voyage à la voile. Je tenterai de n'oublier aucune de ses remarques et recommandations, mais pour en choisir une, je me remémorerai sa réaction, lorsque nous sommes venu le voir, inquiet de ce que le départ de Gran Canaria, devait se faire un samedi où un fort coup de vent était prévu. Devrions-nous prendre le départ ? Sa réponse fut d'anthologie : « je me demande quels genre de gens vous êtes de vous soucier le mercredi du temps qu'il fera samedi  ... on verra. » Au moment où il prononça ses paroles, je fus surpris. A présent, ayant ajouté quelques miles d'Océan à mon sillage, je commence à les comprendre. Merci Jimmy pour cette belle leçon d'humilité et de positivité... tout n'est pas contrôlable ... et c'est heureux ainsi !

Les découvertes.


Tout comme les individus, les paysages nous ont soit déçus, soit enthousiasmés et certains même allant d'une déception première à un grand enthousiasme par la suite... il ne faut pas toujours se fier aux apparences premières.

Les Canaries


Arrivé à Lanzarote le paysage fait de cendres me fit penser au pays noir et aux terrils de Charleroi. « Affronter la mer pour trouver çà !» fut ma première réaction. Pourtant petit à petit je découvris que « çà » présentait des trésors cachés, une architecture inattendue, de l’authenticité et des habitants qui ont su mêler à la dureté de leurs conditions, une douceur de vivre inégalée. Cette douceur de vivre je l'ai moins ressentie à las Palmas de Gran Canaria, mais peut-être était ce parce que le port lui-même était moins accueillant. Ténériffe fut aussi pour moi une révélation, c'est un lieu où je me verrai bien vivre : douceur du climat, modéré toute l'année. Activités culturelles. Belles plages, Dimensions de l'île intéressante. Mais d'autres endroits furent aussi étonnants : La Palma avec ses maisons datant de Christophe Colomb. La Gomera, avec ses vallées à pic et son langage sifflé unique au monde (ou presque) . Les Canaries m'ont séduites au point que je ne puis m'empècher de vouloir y retourner avec mon bateau.

Ce fut aussi l'escale de mon départ pour l'Atlantic Odyssey II, j'ai pu y trouver fruits légumes et tout l'approvisionnement ainsi que la technique nécessaire à ce que Serendip puisse être prêt pour le grand saut. A ce propos, avec le recul, on en a même peut-être trop fait ; mais en fait-on jamais trop ? A l'arrivée il nous restait, des vivres, de l'eau et du diesel n'est-ce as ainsi que ce doit être.

Culinairement, les Canaries ne manquent pas non plus d'intérêt. Nous y avons découvert, les papas arrugatas, pomme de terres cuites à l'eau de mer, le Gofio farine de blé grillée et tant d'autres choses dont nous avons retenu le goût plutôt que les noms. Et puis les fruits : ananas, bananes, mangues délicieuses.

Assurément les Canaries tinrent leurs promesses.


La Martinique


Je n'oserais pas en dire autant de la Martinique, sorte de petite France sous les tropiques mais ayant des manquements graves. Difficultés de déplacement en transports publics (pas d'autobus, par exemple) orienté tourisme de groupe avec très peu de possibilités organisées pour le touriste individuel. Ni le climat, ni la nonchalance m'ont permis de me « réconcilier » avec ce pays où pas grand chose ne fonctionne comme il devrait.


Grenadines


Finalement c'est au cours de notre petite croisière vers les grenadines que j'ai pu apprécier les Caraibes à leur juste valeur et la douceur de St Vincent avec son mouillage de Marigot Bay ou encore Union et Bequia. Autant de destinations tout à fait charmante. On se rappelera des langoustes grillées dégustées sur la plage dans les Tobago Cays, de la musique des steel bands à Deux Pitons, tant de choses qui font le dépaysement et le charme des Antilles. C'était la deuxième fois que je visitais les Grenadines et j'y retournerai encore avec plaisir..

Voila dans une coquille de noix les choses que j'ai voulu mettre en avant sur cette année écoulée... elle demande à « encore » et je fais tout pour celà. Reste à trouver mes nouveaux compagnons de route... ce qui prendra un peu de temps.


Par: Destinations - 25.7.16

mardi 5 juillet 2016

Finesse

Les Allures de finesse


Comment marche un voilier et comment fait-il pour remonter au vent ? Ici on parlera de rideaux de douche, de parapluies et de « lift », afin de mieux comprendre comment le voilier peut remonter au vent.

Autrefois au temps de la grande marine à voile, les voiliers avec leurs voiles rectangulaires, ne pouvaient avancer qu’avec le vent venant de l’arrière, c’est ce qu’on appelle les « allures portantes » ; les voiliers sont simplement poussés par le vent. Aujourd’hui les voiliers modernes peuvent aussi remonter le vent jusqu’à quasi 35 degrés de la direction du vent apparent ; c’ est ce qu’on appelle « les allures de finesse » ; ici le vent soufflera en direction inverse de la marche du navire et pourtant c’ est lui qui fait avancer le bateau, à contre sens... Comment donc cela est-il possible ? C’est ce que nous allons voir aujourd’hui.

Rideaux de douche et parapluies.


Nous connaissons tous cette situation désagréable :

On prend une douche, le savon tombe au sol, on se baisse et le rideau de douche bien froid vient se coller à notre dos. Comment cela se fait-il ? Pourquoi notre dos recourbé agit-il comme un aimant et aspire le rideau. Comprendre cela nous permettra de mieux comprendre ces allures de finesse et la manière de régler les voiles. En fait l’eau qui coule de notre douche entraîne de l’air et ce flux, en passant sur mon dos arrondi est dévié par celui-ci et forme une belle courbe, l’autre partie du flux passant par mon côté avant, tombe (disons) tout droit verticalement donc le flux se divise en deux itinéraires la courbe de mon dos (un long itinéraire) et un autre plus court car allant tout droit et ce flux se rejoint à mes pieds où il arrive schématiquement au même moment. Il fallait donc que le flux courbe s’allonge (puisque son chemin est plus long) Pour ce faire les molécules s’écartent d’avantage (en fait ça devient moins dense) et donc une dépression se crée… c’est cette dépression qui va sucer le rideau de notre douche. (J’ai fait comme si le flux n’était que de l’eau en réalité il se compose d’air et d’eau et c’est surtout l’air qui se décomprimera en passant sur la courbe), j’ai aussi fait comme si j'avais le ventre plat.


Le même phénomène se produit lorsqu’on se promène avec un parapluie un jour où il y a du vent. Le vent souffle horizontalement mais le parapluie tire verticalement vers le haut : Il s’agit du même « effet Bernoulli », qu’on appelle aussi le « lift ». C’est d’ailleurs ce qui permet aux avions de voler, mais ça c’est une autre histoire.

Examinons un peu quelles sont les conditions qui permettent de créer cette dépression. Il faut que le flux (le vent) s’écoule le long de la courbe du profil (la voile) sur la plus grande distance possible; c’est ce qu’on appelle un écoulement laminaire, par lequel les filets de vents semblent collés au côté externe de la voile (l’extrados), le côté sous le vent.
A présent que nous comprenons cette théorie, voyons en pratique comment régler la voile.
Réglage du génois ou de la voile avant.
Ah ! Si l’air était coloré et qu’ on pouvait voir les filets d’air tourbillonner sur la surface de nos voiles, on aurait vite compris qu’il n’y a que peu d’écoulement laminaire et qu’il faut border (tirer sur l’écoute) notre voile. Mais il n’ est pas possible de bien colorer le vent, on va avoir recours a un autre stratagème : les penons.

Penons (ou faveurs)

Je ne sais pas quel régatier a eu cette idée géniale de poser sur la voile des petits fils ou des rubans à des endroits stratégiques afin de pouvoir visualiser le flux d’air. S’ il fallait supprimer tous les cadrans et instruments d’un voilier, pour n’ en garder qu’ un seul, ce seraient ces fameux penons.
On les fait en divers matériaux : fil à tricot (jamais de la laine qui colle une fois mouillée). Pendant tout une époque j’utilisais les bandes magnétique de vieilles musicassettes, mais c’était plus par snobisme ou goût de l’ originalité, car elles aussi se collent aux voiles mouillées et en plus durcissent et deviennent cassante au soleil. La meilleure des matières est la toile de spi, on en trouve en demandant gentiment à un maître voilier de sortir une chute de sa poubelle. Celles qui ont des petits carrés sont les plus pratiques a couper droit. Il suffit alors de faire quelques bandes de 50x1cm et nos penons sont près à être posés.
Il en faudra 9 pour un génois à enrouleur et 3 ou 4 pour la GV. Les plus importants étant ceux du génois. On les pose a une cinquantaine de cm à l’arrière de l’étai et au quarts de sa hauteur (c’est à dire à 1/4, 2/4 et 3/4). on répétera l’opération de sorte à ce que les penons soient à 50cm sur l’arrière de la voile enroulée à chaque position de ris pour l’enrouleur. Personnellement je traverse la voile avec une aiguille et passe le penon au travers de la voile et le fixe avec du ruban autocollant pour spi.





Réglage du génois ou de la voile d’avant.

On ne regardera que les penons situés à l’avant. Commençons par celui du milieu de la hauteur. On est au près, on choque la voile en grand et on voit le penon aller dans tous les sens, car en fait l’air tourbillonne le long de la voile. On commence à border progressivement et on observe le penon du milieu sous le vent, que l’on voit par transparence de la voile. Petit à petit celui-ci va venir se coller à la voile et pointer vers l ‘arrière du bateau, le moment où cela de produit est exactement le bon réglage de l’écoute. On observera en même temps que le penon intérieur suit un peu le mouvement.

Le twist.

Si, comme dans les manuels, votre voile est bien coupée et que l’écoute fait un angle de 45 degrés avec le bas de votre voile, les trois penons, en haut au milieu et en bas, pointeront également vers l’arrière, vous ne toucherez plus à rien. Mais si par contre celui du haut n’était pas assez bordé, il faudrait avancer le point de tire de l’écoute de foc (chariot sur un rail). Si c’était le cas du penon du bas, on reculera le chariot. On peut donc, à l’aide du chariot border sélectivement le haut ou le bas de la voile. La voile est en effet vrillée à la façon d’une hélice, c'est ce qu’on appelle le « twist »(mot anglais signifiant « torsion »).

L’exception.

En suivant ce qui a été dit précédemment, vous aurez dans la plupart des cas une bonne allure. Mais parfois on va intentionnellement « mal » régler ses voiles. Par exemple, lorsque le vent forcit, on pourra, plutôt que de réduire immédiatement la toile, reculer le chariot pour que le haut de la voile porte un peu moins. En effet le haut de la voile a un couple de gîte plus important que le bas ; autrement dit il faut moins de force pour faire gîter un bateau en appuyant sur le haut du mat que sur le bas.

La dérive.

Afin de simplifier, mon explication ci-dessus, j’ai intentionnellement omis de voir ce qui se passait sous l’eau et, pourtant, cela a une importance essentielle. En effet, si on avait une planche de bois avec un mat et des voile la belle dépression de l’extrados ne ferait rien d’autre que de faire incliner notre esquif et de le faire dériver latéralement. Nos bateaux sont fait différemment : ils ont une quille lourde qui réduit la gîte, un gouvernail qui permet d’orienter la « dérive » et une surface mouillée. Tout cela offre une résistance au déplacement latéral et comme le bateau est pointu devant, il lui est plus facile d’aller dans cette direction que vers l’arrière. Je vais vous révéler un secret : en fait les filets d’eau sur la quille (et le reste) fonctionnent exactement comme les filets d’air sur les voiles et dès lors plus le bateau va vite plus grand est sa résistance à la dérive. Autrement dit,il fera un meilleur près et dans le petit temps le bateau marchera en crabe.

A présent vous en savez un peu plus sur les allures de finesse et le règlage des voiles. Il y a beaucoup plus, mais ça c’est l’expérience qui vous l’enseignera. Rappelez-vous : IL n’y a pas de bons marins, il n’y a que des vieux marins. (on prèche pour sa chapelle n’est-ce pas.






Par: Destinations - 5.7.16