Translate

Fourni par Blogger.

Tags

Pages

Facebook

Subscribe Us

lundi 25 juillet 2016

Un an déjà

Tout bien considéré celà doit faire à peu près une année que Serendip a quitté son amarrage de port Leucate, pour entreprendre un tour de l'Atlantique de plus de 6000 Miles Nautiques. Une année riche en événements, en déceptions mais aussi en joies, en rencontres en expériences qui l'ont rendue à la fois émouvante et inoubliable.

Je n'ai jamais été bon en « nostalgie » et probablement que j'oublierai un tas de choses en racontant cette année tellement particulière. On voulait que Serendip se consacre à la « découverte de l'inattendu », le moins qu'on puisse dire c'est qu'à ce point de vue le contrat fut largement rempli.

Nous voilà donc quittant de bon matin notre appontement de Leucate, et nous fûmes surpris et ravis de voir que nos amis du ponton s'étaient levés d'aussi bonne heure pour nous souhaiter « bon vents » . « Nous » c'étaient Lydia, Danielle, Ninon et moi.

A aucun moment je n'avait conscience de tout ce qui allait se passer, à ce moment là j' étais plutôt préoccupé de savoir si « j'avais tout prévu » dans ce chantier qui m'a pris plus d'une année. ... on arrive très bien ainsi à refouler ses angoisses sous des problèmes techniques. Et puis .... qui peut prétendre tout prévoir ? C'est peut-être cette « arrogance » face au destin qui me permit d'avoir confiance en moi. Gibraltar était loin encore et les îles Canaries plus basses encore sous l'horizon.

Les gens


Ce voyage fut fait de séparation et de rencontres. De séparation douloureuse car à aucun moment de notre périple méditerranéen, ni moi ni Lydia ne pensions qu'une entente, une complicité, une tendresse, un amour de près de 12 ans puisse s'arrêter aussi abruptement.

Mais aussi de rencontres qui me permirent de mieux connaître et apprécier Danielle et Ninon, puis Anthony, le jeune kiné qui fut notre équipier pour Gibraltar Canaries. De Clarisse et Pauline mes vaillantes équipières de la Transat, qui, malgré leur faible expérience se sont montrées tout à fait à la hauteur. Et puis ces gens « de passage », bateaux-stoppeurs des Canaries, parmi lesquels Plume et Alise, les deux musicienne qui sans le savoir, m'ont encouragé à continuer. « On trébuche, puis on se relève et on repart » (même si on s'est un peu ouvert les genoux). Enfin le Capitaine Corvette Paul, qui pour fêter son anniversaire accepta de reconduire Serendip vers les eaux Méditerranéennes.

Islands and Atlantic Odyssey


Et puis il y eu tous mes copains des Rallyes : Islands Odyssey puis Atlantic Odyssey II . Oh je sais, certains seront étonnés de voir qu'une traversée, qui serait une quète de liberté, de marginalité, d'individualisme, se fasse « en groupe », comme un voyage organisé. En réalité, ils se trompe sur deux points :
  • Une transat n'est pas nécessairement un acte solitaire, mais plutôt (à mes yeux du moins) une expérience humaine entre les divers équipiers qui « partagent le même bateau ». Plutôt qu'une introspection, il s'agit là d'un unique vécu de relations interpersonnelles.
  • Les rallyse de Cornell Sailing Events tiennentt très peu du « voyage organisé », Les organisateurs arrivent, avec beaucoup de savoir faire, à la fois à laisser toute liberté aux participants et à la fois à organiser des activités d'un grand intérêt : Conférences préparatoires à une traversé. Inspection et conseils en matière de sécurité, mais aussi soirées animées ou sociales que ce soit dans les Yacht Clubs, les petits restos ou apéritifs informels entre participants. L'accueil lors du lunch qui suivit notre arrivé à la Martinique, me mis les larmes aux yeux, tant l'émotion était fortes et tant je savait mes amis de odyssée étaient sincères dans leur joie de nous retrouver.
Car dès les premiers jours, tant les participants que les organisateurs nous furent devenus familiers. J'ai gardé de ces deux rallye de véritables amitiés et de vraies complicités. Il y avait dans le groupe une série de gens tout à fait intéressant tant du point de vue humain que du point de vue de ce qui les avait amené à tenter l'aventure ... peu d'entre eux fuyaient quelques choses. Tous en fait , cherchaient à passer « à une vitesse de vie supérieure », rien que cela suffirait à les rendre intéressants.

Je voudrait faire ici une mention toute particulière aux organisateurs de Cornell Sailing Events : Pascal et Pascale, qui, avec tact et discrétion m'ont soutenu à leur insu, dans ces moments difficiles que fut ma séparation d'avec Lydia. Et puis Jimmy Cornell, inénarrable navigateur qui est probablement l'homme au monde le plus au courant de la croisière océanique, encyclopédie vivante, mais plus que cela homme de communication, sachant expliquer et transmettre ses conceptions du voyage à la voile. Je tenterai de n'oublier aucune de ses remarques et recommandations, mais pour en choisir une, je me remémorerai sa réaction, lorsque nous sommes venu le voir, inquiet de ce que le départ de Gran Canaria, devait se faire un samedi où un fort coup de vent était prévu. Devrions-nous prendre le départ ? Sa réponse fut d'anthologie : « je me demande quels genre de gens vous êtes de vous soucier le mercredi du temps qu'il fera samedi  ... on verra. » Au moment où il prononça ses paroles, je fus surpris. A présent, ayant ajouté quelques miles d'Océan à mon sillage, je commence à les comprendre. Merci Jimmy pour cette belle leçon d'humilité et de positivité... tout n'est pas contrôlable ... et c'est heureux ainsi !

Les découvertes.


Tout comme les individus, les paysages nous ont soit déçus, soit enthousiasmés et certains même allant d'une déception première à un grand enthousiasme par la suite... il ne faut pas toujours se fier aux apparences premières.

Les Canaries


Arrivé à Lanzarote le paysage fait de cendres me fit penser au pays noir et aux terrils de Charleroi. « Affronter la mer pour trouver çà !» fut ma première réaction. Pourtant petit à petit je découvris que « çà » présentait des trésors cachés, une architecture inattendue, de l’authenticité et des habitants qui ont su mêler à la dureté de leurs conditions, une douceur de vivre inégalée. Cette douceur de vivre je l'ai moins ressentie à las Palmas de Gran Canaria, mais peut-être était ce parce que le port lui-même était moins accueillant. Ténériffe fut aussi pour moi une révélation, c'est un lieu où je me verrai bien vivre : douceur du climat, modéré toute l'année. Activités culturelles. Belles plages, Dimensions de l'île intéressante. Mais d'autres endroits furent aussi étonnants : La Palma avec ses maisons datant de Christophe Colomb. La Gomera, avec ses vallées à pic et son langage sifflé unique au monde (ou presque) . Les Canaries m'ont séduites au point que je ne puis m'empècher de vouloir y retourner avec mon bateau.

Ce fut aussi l'escale de mon départ pour l'Atlantic Odyssey II, j'ai pu y trouver fruits légumes et tout l'approvisionnement ainsi que la technique nécessaire à ce que Serendip puisse être prêt pour le grand saut. A ce propos, avec le recul, on en a même peut-être trop fait ; mais en fait-on jamais trop ? A l'arrivée il nous restait, des vivres, de l'eau et du diesel n'est-ce as ainsi que ce doit être.

Culinairement, les Canaries ne manquent pas non plus d'intérêt. Nous y avons découvert, les papas arrugatas, pomme de terres cuites à l'eau de mer, le Gofio farine de blé grillée et tant d'autres choses dont nous avons retenu le goût plutôt que les noms. Et puis les fruits : ananas, bananes, mangues délicieuses.

Assurément les Canaries tinrent leurs promesses.


La Martinique


Je n'oserais pas en dire autant de la Martinique, sorte de petite France sous les tropiques mais ayant des manquements graves. Difficultés de déplacement en transports publics (pas d'autobus, par exemple) orienté tourisme de groupe avec très peu de possibilités organisées pour le touriste individuel. Ni le climat, ni la nonchalance m'ont permis de me « réconcilier » avec ce pays où pas grand chose ne fonctionne comme il devrait.


Grenadines


Finalement c'est au cours de notre petite croisière vers les grenadines que j'ai pu apprécier les Caraibes à leur juste valeur et la douceur de St Vincent avec son mouillage de Marigot Bay ou encore Union et Bequia. Autant de destinations tout à fait charmante. On se rappelera des langoustes grillées dégustées sur la plage dans les Tobago Cays, de la musique des steel bands à Deux Pitons, tant de choses qui font le dépaysement et le charme des Antilles. C'était la deuxième fois que je visitais les Grenadines et j'y retournerai encore avec plaisir..

Voila dans une coquille de noix les choses que j'ai voulu mettre en avant sur cette année écoulée... elle demande à « encore » et je fais tout pour celà. Reste à trouver mes nouveaux compagnons de route... ce qui prendra un peu de temps.


Par: Destinations - 25.7.16

mardi 5 juillet 2016

Finesse

Les Allures de finesse


Comment marche un voilier et comment fait-il pour remonter au vent ? Ici on parlera de rideaux de douche, de parapluies et de « lift », afin de mieux comprendre comment le voilier peut remonter au vent.

Autrefois au temps de la grande marine à voile, les voiliers avec leurs voiles rectangulaires, ne pouvaient avancer qu’avec le vent venant de l’arrière, c’est ce qu’on appelle les « allures portantes » ; les voiliers sont simplement poussés par le vent. Aujourd’hui les voiliers modernes peuvent aussi remonter le vent jusqu’à quasi 35 degrés de la direction du vent apparent ; c’ est ce qu’on appelle « les allures de finesse » ; ici le vent soufflera en direction inverse de la marche du navire et pourtant c’ est lui qui fait avancer le bateau, à contre sens... Comment donc cela est-il possible ? C’est ce que nous allons voir aujourd’hui.

Rideaux de douche et parapluies.


Nous connaissons tous cette situation désagréable :

On prend une douche, le savon tombe au sol, on se baisse et le rideau de douche bien froid vient se coller à notre dos. Comment cela se fait-il ? Pourquoi notre dos recourbé agit-il comme un aimant et aspire le rideau. Comprendre cela nous permettra de mieux comprendre ces allures de finesse et la manière de régler les voiles. En fait l’eau qui coule de notre douche entraîne de l’air et ce flux, en passant sur mon dos arrondi est dévié par celui-ci et forme une belle courbe, l’autre partie du flux passant par mon côté avant, tombe (disons) tout droit verticalement donc le flux se divise en deux itinéraires la courbe de mon dos (un long itinéraire) et un autre plus court car allant tout droit et ce flux se rejoint à mes pieds où il arrive schématiquement au même moment. Il fallait donc que le flux courbe s’allonge (puisque son chemin est plus long) Pour ce faire les molécules s’écartent d’avantage (en fait ça devient moins dense) et donc une dépression se crée… c’est cette dépression qui va sucer le rideau de notre douche. (J’ai fait comme si le flux n’était que de l’eau en réalité il se compose d’air et d’eau et c’est surtout l’air qui se décomprimera en passant sur la courbe), j’ai aussi fait comme si j'avais le ventre plat.


Le même phénomène se produit lorsqu’on se promène avec un parapluie un jour où il y a du vent. Le vent souffle horizontalement mais le parapluie tire verticalement vers le haut : Il s’agit du même « effet Bernoulli », qu’on appelle aussi le « lift ». C’est d’ailleurs ce qui permet aux avions de voler, mais ça c’est une autre histoire.

Examinons un peu quelles sont les conditions qui permettent de créer cette dépression. Il faut que le flux (le vent) s’écoule le long de la courbe du profil (la voile) sur la plus grande distance possible; c’est ce qu’on appelle un écoulement laminaire, par lequel les filets de vents semblent collés au côté externe de la voile (l’extrados), le côté sous le vent.
A présent que nous comprenons cette théorie, voyons en pratique comment régler la voile.
Réglage du génois ou de la voile avant.
Ah ! Si l’air était coloré et qu’ on pouvait voir les filets d’air tourbillonner sur la surface de nos voiles, on aurait vite compris qu’il n’y a que peu d’écoulement laminaire et qu’il faut border (tirer sur l’écoute) notre voile. Mais il n’ est pas possible de bien colorer le vent, on va avoir recours a un autre stratagème : les penons.

Penons (ou faveurs)

Je ne sais pas quel régatier a eu cette idée géniale de poser sur la voile des petits fils ou des rubans à des endroits stratégiques afin de pouvoir visualiser le flux d’air. S’ il fallait supprimer tous les cadrans et instruments d’un voilier, pour n’ en garder qu’ un seul, ce seraient ces fameux penons.
On les fait en divers matériaux : fil à tricot (jamais de la laine qui colle une fois mouillée). Pendant tout une époque j’utilisais les bandes magnétique de vieilles musicassettes, mais c’était plus par snobisme ou goût de l’ originalité, car elles aussi se collent aux voiles mouillées et en plus durcissent et deviennent cassante au soleil. La meilleure des matières est la toile de spi, on en trouve en demandant gentiment à un maître voilier de sortir une chute de sa poubelle. Celles qui ont des petits carrés sont les plus pratiques a couper droit. Il suffit alors de faire quelques bandes de 50x1cm et nos penons sont près à être posés.
Il en faudra 9 pour un génois à enrouleur et 3 ou 4 pour la GV. Les plus importants étant ceux du génois. On les pose a une cinquantaine de cm à l’arrière de l’étai et au quarts de sa hauteur (c’est à dire à 1/4, 2/4 et 3/4). on répétera l’opération de sorte à ce que les penons soient à 50cm sur l’arrière de la voile enroulée à chaque position de ris pour l’enrouleur. Personnellement je traverse la voile avec une aiguille et passe le penon au travers de la voile et le fixe avec du ruban autocollant pour spi.





Réglage du génois ou de la voile d’avant.

On ne regardera que les penons situés à l’avant. Commençons par celui du milieu de la hauteur. On est au près, on choque la voile en grand et on voit le penon aller dans tous les sens, car en fait l’air tourbillonne le long de la voile. On commence à border progressivement et on observe le penon du milieu sous le vent, que l’on voit par transparence de la voile. Petit à petit celui-ci va venir se coller à la voile et pointer vers l ‘arrière du bateau, le moment où cela de produit est exactement le bon réglage de l’écoute. On observera en même temps que le penon intérieur suit un peu le mouvement.

Le twist.

Si, comme dans les manuels, votre voile est bien coupée et que l’écoute fait un angle de 45 degrés avec le bas de votre voile, les trois penons, en haut au milieu et en bas, pointeront également vers l’arrière, vous ne toucherez plus à rien. Mais si par contre celui du haut n’était pas assez bordé, il faudrait avancer le point de tire de l’écoute de foc (chariot sur un rail). Si c’était le cas du penon du bas, on reculera le chariot. On peut donc, à l’aide du chariot border sélectivement le haut ou le bas de la voile. La voile est en effet vrillée à la façon d’une hélice, c'est ce qu’on appelle le « twist »(mot anglais signifiant « torsion »).

L’exception.

En suivant ce qui a été dit précédemment, vous aurez dans la plupart des cas une bonne allure. Mais parfois on va intentionnellement « mal » régler ses voiles. Par exemple, lorsque le vent forcit, on pourra, plutôt que de réduire immédiatement la toile, reculer le chariot pour que le haut de la voile porte un peu moins. En effet le haut de la voile a un couple de gîte plus important que le bas ; autrement dit il faut moins de force pour faire gîter un bateau en appuyant sur le haut du mat que sur le bas.

La dérive.

Afin de simplifier, mon explication ci-dessus, j’ai intentionnellement omis de voir ce qui se passait sous l’eau et, pourtant, cela a une importance essentielle. En effet, si on avait une planche de bois avec un mat et des voile la belle dépression de l’extrados ne ferait rien d’autre que de faire incliner notre esquif et de le faire dériver latéralement. Nos bateaux sont fait différemment : ils ont une quille lourde qui réduit la gîte, un gouvernail qui permet d’orienter la « dérive » et une surface mouillée. Tout cela offre une résistance au déplacement latéral et comme le bateau est pointu devant, il lui est plus facile d’aller dans cette direction que vers l’arrière. Je vais vous révéler un secret : en fait les filets d’eau sur la quille (et le reste) fonctionnent exactement comme les filets d’air sur les voiles et dès lors plus le bateau va vite plus grand est sa résistance à la dérive. Autrement dit,il fera un meilleur près et dans le petit temps le bateau marchera en crabe.

A présent vous en savez un peu plus sur les allures de finesse et le règlage des voiles. Il y a beaucoup plus, mais ça c’est l’expérience qui vous l’enseignera. Rappelez-vous : IL n’y a pas de bons marins, il n’y a que des vieux marins. (on prèche pour sa chapelle n’est-ce pas.






Par: Destinations - 5.7.16

mercredi 11 mai 2016

Prenons la Distance



Aujourd’hui les instruments modernes de navigation nous facilitent particulièrement la tâche, parmi eux il y a le GPS, merveille technologique, qui en « parlant » avec quelques satellites arrive à nous dire notre position correcte (ou presque) en longitude et latitude. Ainsi, à présent que je suis à terre, je reçois tous les jours un mail avec la position du bateau aux environs de midi, ce qui me permet de savoir où se trouve mon bateau et même de calculer la distance qu’il a franchi entre deux positions successives. C’est de ce dernier aspect que je veux vous entretenir ici.

Premier avertissement, il est possible que comme nombre d’entre nous vous n‘avez pas eu la chance d’avoir un bon prof de math et que celui-ci a même tout fait pour vous convaincre que ce n’est pas lui, mais vous qui « n’êtes-pas-faits-pour-ça » . Oubliez ces complexes et n’abandonnez pas cette lecture, bien qu’il y aura des chiffres (et même des soustractions), ces données sont à la portée de tout un chacun.

Prêts ? Alors allons-y.

Longitude et latitude.


Afin de pouvoir se situer sur le globe terrestre on a décidé de quadriller celui-ci avec des méridiens, qui sont des lignes allant du pole nord au pole sud et des parallèles qui sont des cercles parallèle à l’équateur et une position donnée est au croisement entre ces deux lignes fictives. Par exemple a ce moment mon bateau se trouve à 23° 22'N et 63° 23'W, soit quelque part dans la mer des Caraïbes.

Le méridien.

Le méridien est la ligne de tous les points de même longitude. Quand je dis « ligne », en fait je devrais dire « cercle » puisque notre terre est un globe. Ce qui est intéressant est que tous les méridiens ont exactement la même longueur, car vous le voyez ici sur l’image ils vont tous d’un pole à l’autre. Pour tous : même départ et même arrivée. Il est facile demesurer une distance sur un méridien, d’autant plus que une minute d’angle est égale à un Mile marin (= 1852m). pour rappel 1 degrés est égal à soixante minutes.

Les parallèles.


***Là c’est un peu moins simple puisque les parallèles n’ont pas tous la m^me longueur, plus on se rapproche des pôles plus ils sont courts et plus on se rapproche de l’équateur plus ils sont grands. Il est donc plus difficile de convertir une minute d’angle en mile marin ou autrement dit une minute de longitude en mile marin, car celle-ci dépendra de la lattitude à laquelle on fait la mesure. On peut avoir une bonne approximation de cette longueur en multipliant la mesure par le cosinus de la latitude. Ne fuyez pas retenez simplement que une minite de longitude est egal au cos de la latitude, pas besoin de savoir le pourquoi du comment (et pour les
pinailleurs, je signale que je sais que c’est approximatif … mais simple).

Donc en longitude :


1Mile = 1’ x cos(Lat)

Voilà c’est tout ce qu’il faut savoir.

Calculs élémentaires :

Problème 1 :
Serendip part de 23° 22'N et 63° 23' W pour se rendre à 25° 37’N 63° 23’W quelle distance a-t-il parcouru.

Solution :
Comme la longitude est constante, il suffit de faire la différence entre les Latitudes  :
28° 22’
- 25° 37’ = 
????

comme on ne peut pas retirer 37’ de 22’ on ajoute 1° = 60’ on obtient donc :
27° 82’
- 25° 37’
_________
2° 45’ = 165 Miles Nautiques (j’ai multiplié les degrés par 60).


Problème 2
Sérendip va de 23° 22'N et 63° 23' W pour se rendre à 23° 22'N et 60° 53' W

Solution
Ici il n’y a que la longitude qui change, on fera presque pareil :

On fait la différence de longitude on ajoute 60 minutes à la première position :
62°83’
-60° 53’
________
2° 30’ = 150’ (j’ai multiplié les degrés par 60)

Je dois maintenant multiplier ce résultat par cos(Lat) c.à.d. cos (23° 22’) alors soit vous avez un smartphone avec une calculatrice scientifique et vous calculez eactement soit vous utilisez cette petite table :


diff( lon) x cos(Lat moyenne)
0
1,00
5
1,00
10
0,98
15
0,97
20
0,94
25
0,91
30
0,87
35
0,82
40
0,77
45
0,71
50
0,64
55
0,57
60
0,50
65
0,42
70
0,34
75
0,26
80
0,17
85
0,09
90
0,00



23° est entre 20 et 25 on peut donc estimer 0/93 pour le cos.
La distance parcourue sera donc de 150 x 0,93 = approx. 139,5 Miles.

En Réalité

Mais comme me fait remarquer le brave Charles au fond de la classe (toujours à faire le malin celui là). «  Çà n’arrive jamais ces cas là » C’est vrai il est rare qu’on aille parfaitement et exactement Nord/Sud ou Est/Ouest. En réalité la longitude et la latitude changent tous les deux.

Problème 3

Quelle distance parcourt Serendip en allant de 19°44'N 64°21'W à 23°22'N et 63°23' W

Solution

Latitudes :                                          Longitudes :
   22°82'                                                 63°81 (60’ ajoutées)
- 19°44'                                                - 63°23'
_________                                         ____________
          3°38’ = (3x60)+38 = 218 M              58’


(pour avoir le Mile de longitude il faut multiplier par cos(Latitude moyenne)

=58 x cos(23) = 58 x 0.93 = 54 M

On s’est donc déplacé de 218M vers le Nord et 54M vers l’Ouest .


On obtient un triangle rectangle où la distance courue est hypoténuse (le côté marqué???).

Le brave Pythagore, nous a appris que dans un triangle rectangle le carré de l’hypothénuse est la somme des carrés des autres côtés. Allons y :

218² = 47.524                                         58² = 3364                  

 47524+3364 = 50888

et racine carré de 50888 = 225.58

Nous avons donc parcouru 225.58 Miles .

Voilà, en fait avec une appli calculatrice scientifique sur un smartphone tout cela est beaucoup plus rapide. Pour résoudre ce genre de problèmes il suffit de se souvenir que

longitude distance en M = cos(lat)*minutes
Latitude distance en M = nombre de minutes et que

Pythagore : h² = a² b²
Par: Destinations - 11.5.16

mercredi 4 mai 2016

,

Skippers équipiers et équipages.




Un peu avant de lâcher les amarres pour le départ de notre traversée de l »Atlantique, une équipe de la Télévision locale de Ténérife est venue nous interviewer : Une de leurs questions était : «Vous vous préparez depuis combien de temps ? » et je leur ai dit «  à peu près deux ans ». 

En effet il m’a fallu bien de réflexions, de recherches et de travail pour équiper mon bateau de sorte à ce que nous ne manquions de rien pour notre traversée et qu’elle puisse se passer en toute sécurité.

Et effectivement au moment de quitter le quai, la question « n’ai-je rien oublié » effleurait une dernière fois mes pensées … et pourtant, à présent que je suis arrivé, je me rends-compte que ce qui fait la réussite d’une traversée est moins les contingences matérielles que l’esprit qui règne à bord . Cependant, (peut-être parce que cet aspect est moins facile à gérer) nous y consacrons peu de temps de réflexion à le préparer et fort peu a été écrit sur le sujet ;  il reste toutefois que la gestion des équipiers est de la responsabilité du chef de bord et mérite qu’on s’y arrête quelque peu.
photo (c) Pauline Duceip


Conduire un bateau sur l’océan peut être une expérience éprouvante de confrontation à un milieu hostile, c’est aussi souvent une rencontre avec l’inéluctable et le fatalisme, on perd prise sur ce qui nous arrive, tout au plus peut-on apprendre à le gérer au mieux des possibilités. Sur le plan relationnel on est confronté à la présence de l’autre (les coéquipiers) et au devoir de gérer au mieux le relationnel avec eux.

Ceci est valable pour tout l ‘équipage et je dois dire que pour ma dernière transat l'ambiance à bord à été excellente durant la traversée.

Alors comment réussir une traversée avec deux équipières de 25-30 ans n’ayant aucune expérience en navigation hauturière ?

1. Proactivité.


Personnellement j’ai commencé par faire un inventaire de certains problèmes que les équipières pourraient rencontrer et qui pourrait amener à se répercuter sur la réussite d’une croisière. Il y en a d’autres, mais je me tiendrai ici aux trois les plus importants :

  • Le refus (inconscient) de la proximité de l’autre, qui souvent se traduit par « la crise du troisième jour ».
  • Le manque de confiance en soi.
  • Le manque de connaissances ou d’expériences de la navigation à voile.

Voyons cela plus en détail :

1. La crise du troisième jour.

En embarquant sur un bateau ; lieu fermé de proximité humaine, on essaie de protéger son intimité et de se protéger de situations conflictuelles ou embarrassante en tentant (du moins les premiers jours) de garder le plus de distance possible d’avec ses co-équipiers. Cette distanciation implique nécessairement une série de concessions : éviter de trop livrer de ses sentiments, éviter de dire à l’autre ce qui dans son comportement nous dérange etc. Au bout de trois ou quatre jours on s’apercoit que les efforts consentis pour garder la « distance » ne seront pas tenables sur la longueur. S’en suit alors parfois une explosion conflictuelle, grand déballage de tout ce qu’on a retenu en soi, et on en veut à l’autre que du fait de sa seule présence on aie été obligé à de tels efforts.

Pour éviter ce piège, le skipper pourra simplement expliquer le phénomène avant le départ et faire prendre conscience à l’équipage que la « proximité » est inévitable, mais aussi que c’est elle qui fait la richesse de l’expérience humaine unique qu’est une traversée. océanique. S’il a quelque expérience de ce climat, il tentera de son côté de « sauter les étapes » et de faire preuve , déjà même avant le départ d’une proximité plus grande que ce à quoi on pourrait s’attendre. Sans exagération toutefois. Il n’est pas demandé, dans tous ces conseils, de « jouer la comédie » mais d’essayer de sentir ses propres émotions et de ne pas retenir l’expression de sentiments.  C’est le moment de faire comprendre aux équipières que si elles réalisent leur rêve, elles me permettent aussi de réaliser le mien, et donc que « je suis content » de leur présence à bord.

2. Le manque de confiance en soi


Pour un équipage venant d’embarquer, aborder ainsi un bateau qu’on ne connaît pas et qui peut paraître  compliqué, un skipper inconnu d’une autre génération, une croisière hauturière de longue durée, génère  une série d’inquiétudes : « serais-je à la hauteur ? » Il est très important dès le début de lui montrer qu’il est capable de bien plus que ce qu’il ne s’imagine. J’ai l’habitude d’aller me coucher le premier jour dès la nuit tombée, les deux premiers quarts (les plus faciles) étant attribués à chacun des équipiers. Je leur signale toutefois qu’ils peuvent (et doivent) me réveiller au moindre incident, je reviendrai  sur ce point un peu plus loin.

Souvent, les équipiers vont tenter de se rassurer en tentant de faire le quart à deux, il est nécessaire d’éviter cela en expliquant clairement, que pour la sécurité du bateau il est important que chacun profite de chaque moment de repos pour dormir, car c’est lorsqu'un équipage est épuisé qu’arrivent les accidents. L’équipier se retrouvera donc, dès le début, seul à barrer le bateau et à devoir en assumer toute la responsabilité  …  mais il doit savoir qu’il peut m’appeler au moindre incident. Pour l’y encourager, je me « réveille » régulièrement vient dans le cockpit pour demander  si tout est en ordre. Si je perçois une appréhension quelconque je resterai un peu pour lui tenir compagnie en conversant sur des sujets divers me permettant en même temps de mieux faire connaissance. Une fois la « tension » diminuée je vais me recoucher, en n’oubliant pas de lui rappeler qu’il faut m’appeler au moindre incident.

3. Manque de connaissance de la voile.


Personnellement j’évite d’embarquer des équipiers ayant une connaissance « moyenne » de la voile, autrement dit je sélectionnerai soit des débutants (ou quasi débutants) soit des équipiers vraiment confirmés et (surtout) expérimentés. Ceux qui sont entre-les-deux me posent problème, particulièrement ceux qui ont effectués des stages en école de voile sans aucune autre expérience… ceux là je les évite le plus possible car je ne veux pas passer ma croisière à discuter si un bout doit se lover dans le sens des aiguilles d’une montre ou pas. En général mes équipiers sont donc du type « ne-connait-pas-grand-beaucoup-mais-veut-apprendre et je m ‘en trouve très bien.

La première chose à leur apprendre est que si on ne cherche pas à optimiser tout au maximum, la traversée océanique est une chose extrêmement simple. A la limite en ne faisant absolument rien, on finira aussi à traverser l’Atlantique. La meilleure façon de montrer que c’est simple est de ne pas se lancer dans des grandes explications de détail. Avant le départ, mon « cours de voile » est extrèmement succint et se résume à expliquer comment voir si un autre bateau a une route de rencontre avec nous, ce que j’explique au cours d’une promenade à pied (milieu connu) en regardant les palmiers du port et tentant de comprendre pourquoi on ne les cogne pas et si on va passer à droite ou à gauche de ceux-ci. L’autre cours portera sur la manœuvre de l’homme à la mer. C’est pratiquement tout. Le reste s’apprendra sur le tas  par imitation le plus souvent. Autrement dit je combat l’appréhension de ne pas en savoir assez par « il n’y a pas grand-chose à savoir »


2. Conseils aux futurs équipiers .


Arrivé  aux Canaries, nombreux sont les bateau stoppeurs qui viennent frapper à notre coque pour obtenie un passage. On ne peut qu’être étonné par la façon inadéquate dont ils se présentent  et présentent leur projet. Tout ce qu’y est écrit plus haut pour le skipper, implique une empathie ou une compréhension des problèmes de l’équipier, de la même façon l’équiper devrait comprendre les motivations des propiétaires. 

Accepter à son bord des personnes étrangères est pour un skipper une concession qu’il fait à son intimité. Apprendre à d’autres à faire de la voile, leur permettre de naviguer à son bord, leur faire vivre une aventure unique, les accepter dans son intimité sont à ses yeux des actes de générosité. Dans le « marché » échange traversée contre travail il se sentirait perdant ; mais pense compenser cette « perte » du fait de sa gentilesse, d’une sympathie pour les équipiers, ou simplement de sa générosité. Ce qu’il espère c’est de recevoir en retour la même gentillesse, sympathie, considération, amitié et qu’au moins l’équipier soit conscient de ce qui lui est offert. 

Assez curieusement, autant la joie au moment d’apprendre avoir été accepté comme équipier, ne leur laisse aucun doute sur « le cadeau » qu’on leur a fait, autant les difficultés et les efforts subis durant une traversée pourraient leur faire vite oublier cela et avoir  de plus en plus l’impression d'avoir perdu  au change et donc « de ne rien devoir à personne ». Pourtant les difficultés, les efforts, les frustrations, voire le mal de mer ne peuvent être imputé au skipper du bateau, mais plutôt à la méconnaissance des équipiers de ce qu‘est réellement une traversée océanique. Ce manque de reconnaissance de la part des équipiers est très mal vécu par de nombreux skippers que j'ai pu rencontrer : « Au moins ils pourraint nous dire au revoir ou merci »  Ce qui n’est, hélas, pas toujours le cas. Donc mon conseil ayez de l’empathie pour celui ou ceux qui vous accueille à leur bord, traduisez celle-ci par de l’amitié, de la sympathie ou au minimum du respect de leur générosité. (je sais, que quand on est jeune c ‘est une chose difficile à accepter).

Je vous invite à lire l’excellent article Catching a Ride Across the Atlantic () et de consulter
le blog Vogavecmoi



Par: Destinations - 4.5.16

vendredi 15 avril 2016

Carnet de Voyage de Clarisse (fin de publication)

Carnet de Voyage de Clarisse (fin de publication)


Clarisse, comme beaucoup de jeunes de son âge, aspirant à être publiée avec une plus grande visibilité m'a demandé de retirer son Carnet de Voyage de ce blog; ce que je fais avec le plus grand plaisir, en lui souhaitant bonne chance comme auteure. Je suis persuadé que nos lecteurs ici comprendront son desir.

Henri

 

 

Par: Destinations - 15.4.16

dimanche 27 mars 2016

Chacun sa route, chacun son chemin

Chacun sa route, chacun son chemin.


C'est curieux de voir sur les blogs de navigation, que fort peu de skippers parlent de leurs erreurs; pourtant je ne pense pas être le seul à me tromper et ce n'est pas la première fois, non plus.

Il y a une vingtaine d'année j'avais décidé d'hiverner mon bateau sur le canal reliant Anvers à Bruxelles, à Boom pour être précis. A cette époque il y avait un pont à élévateur, qui devait se lever pour laisser passer les voiliers. Le pont était actionné le week-end sur commande spéciale. Je fis donc la demande pour 10h du matin et me rendi à bord vers 9h, malheureusement le bateau était enlisé dans la vase, j'essayais par tous les moyens de le faire bouger, la montre tournait. Soudain, je vois le pont qui se lève… dans un ultiùme geste de désespoir, je met pleins gaz et le bateau se détache. Anvers nous voilà. Je passe le pont, remercie le grutier d'un geste de la main. Cinq minutes plus tard je me rend compte que je ne reconnais pas l'endroit, le canal passe au Centre d'une ville. Je hèle un passant: “Pardon Monsieur Anvers c'est bien par là?” “Non par là c'est Bruxelles”. Un brusque demi-tour me remet sur le “droit” chemin. Depuis les Frères de la Côte m'ont donné le sobriquet de “Tourneboussole” (bien mérité je dois dire.

En fait il ne faut :
- pas grand chose pour commettre une erreur; avoir la convictiond'être dans le vrai
- et pas grand chose pour l'éviter; regarder son compas, par exemple.

Transat 2016

 

 

Lors de la dernière Transat, certains se sont étonnés à juste titre de l'étrange itinéraire que j'avais pris et qui me relégua vers la fin du peloton. Je vais donc vous expliquer mes erreurs.

Quelques jours avant le départ, mon ordinateur rendi l'âme et je du l'amener à la réparation. Comme souvent dans ces cas là, le technicien efface une série de fichiers qui lui semblent superflu (qu'en sait-il ?) Mais l'ordi fut réparé en dernière minute. Nous partimes donc avec (croyais-je) une informatique déficiente et sans nous être abonné au tracking, qui devait nous livrer quotidiennement la position de tous les autres bateaux.

Je vous rappelle que l'Atlantique est une sorte d'énorme rond-point où les vents tournent autour de l'anticyclone des Açores, dans le sens des aiguilles d'une montre. Au sud les vents soufflent d'Est en Ouest et au Nord d'Ouest en Est. Cet anticyclone n'est pas toujours sur les Açores mais se déplace du Sud au Nord selon les saisons.

Traditionellement, au mois de janvier, trois routes sont possibles:
La route du Sud, qui consiste à déscendre sud jusqu'à presque les îles du Cap Vert avant de tourner vers l'ouest.

La route directe qui consiste à tracer directement sa route depuis les Canaries. Route la plus courte, mais réservée principalement aux bateaux de course.

Et la route médiane qui passe entre les deux. On descent moins Sud que le Cap vert avant de piquer sur la Martinique. Cette route aurait été favorable en janvier si il n'y avait pas Alex.


 Alex est un Ouragan qui, chose unique, s'est formé sur l' Atlantique et a touché les Açores. C'est une première pour le mois de janvier et bien entendu çà a boulversé la climatologie. Sans savoir qu'il s'appelait Alex, nous savions avant le départ que la situation serait exceptionnelle et elle le fut. Mais ne cherchons pas d'excuse, Je vous disais, qu'il suffit de la conviction d'être dans le bon pour se tromper.

En fait, nous avons pris un bon départ et par la suite nous étions le plus à l'Est des autres membres du rallye, qui (je les voyais) longeaient les côtes de l'île de Teneriffe. Mon idée à ce moment là était de faire la route Sud, mais sans pourtant aller jusqu'à Mindelo (Cap Vert); deux raisons à celà, je puis le confesser:
1. La route est plus longue et
2. Pauline souffrait très fort de mal de mer, je ne voulais pas prendre le risque de la voir débarquer ce qui compromettrait la suite de la traversée… ouf! Voilà qui est avoué.

Le lendemain matin, plus un seul bateau à notre tribord, (je vous rappelle que je n'avais pas la réception du tracking à ce moment là, pas plus que les gribs météo). Pour moi, la raison était évidente, les bateaux avaient tournés vers l'Ouest au Sud de Ténériffe, empruntant alors la route directe. La voilà la (fausse) conviction ! Fort de cette “connaissance”, je décide de ne pas faire comme eux et de ne pas tourner ver l'Ouest avant la fin de l'archipel des Canaries. Les circonstances étaient difficiles car il n'y avait pas de vent … dans ma tête j'étais donc le plus au Sud de toute la flotille.

A peine passé El Hierro, je décide donc de mettre de l'ouest dans mon Sud, afin de trouver l'alizée, (ce qui est trop tot) toujours persuadé que j'étais d'être le plus au sud de toute la flotille. J'envoie un e-mail à mon frère Serge afin qu'il me donne la position (lon lat) où commence l'alizée, mais il a difficile de me donner une position précise… Je décide donc de mettre de l'ouest dans mon Sud et me retrouve pour des journées entières encalminé, pas de vent avec une mer croisée fort inconfortable. Comme je ne voulais pas m'arrêter au Cap Vert, pour les (mauvaises) raisons mentionnées ci-dessous, je ne pouvais utiliser mon moteur à plus de 1700 tours soit une vitesse de 3nds au lieu des 5nds habituels. On se traine, on bringueballe dans tous les sens. Petit à petit, je remets l'informatique en état, je eçois donc la position ds “autres” je suis le plus au Nord (et non au Sud comme je le croyais) et l'ouragan Alex a littéralement sucé tous le vent à notre latitude.

Donc, il ne restait plus qu'à defendre notre honneur, ne pas arriver dernier… ce qui fut fait.


Par: Destinations - 27.3.16

dimanche 20 mars 2016

Psychologie des équipages arrivés.




En 1992, dans une interview au Sri Lankan Times, je disais:
« Au cours d'une traversée océanique, après quelques heures, on ne voit plus la côte. Le bateau devient alors un microcosme, un pays en soi, avec ses règles, son relationnel, , ses problèmes, ses joies et ses peines.
Aucune échapatoire possible ; 3,4 ou 5 personnes partagent le même destin, face à face, jour après jour, jouant, sans le vouloir quelque psychodrame, à la manière d'Agatha Christie, en essayant toujours d'éviter une issue dramatique.
Comme il n'y a pas de porte de sortie, du fait du lieu clos … le bateau devient alors un lieu idéal de sincérité et de relations humaines à leur apogée (…)  J'ai au cours de ces années navigué avec bon nombre d'équipage et nous avons toujours été très timide à nous retrouver par la suite à terre, peut-être parce que « à terre il n'est pas possible d'établir le même type de relation»
(cf : il y a plus d'un quart de siècle)


Un quart de siècle plus tard.

Un quart de siècle plus tard, je ne changerais pas un iota de ce qui est dit plus haut.
Dès leur arrivée à bord, j'avais expliqué cette situation à l'équipage et finalement la traversée s'est excellemment bien passée, il y avait à bord cette complicité unique et cette entente parfaite, qui permi de créer cette “proximité”, cette amitié toute particulière et rare qu'on ne rencontre que dans ces situations. Petit à petit, les barrières s'estompèrent et on devient une véritable équipe dans laquelle chaque individu est respecté pour ce qu'il est et ce qu'il fait. Disparaissaient alors les différences d'ages et de caractère.
En fait, à terre cette “complicité” marine que nous avons pu créer en mer, apparaitra comme génante, car inhabituelle. Lorsque les équipiers rentrent chez eux, peu de temps après, elle s'estompe alors assez rapidement .
Par contre, en restant à bord, les individualitsmes et égotismes reprenent le dessus. Plus l'harmonie était forte durant la traversée, plus on sent le besoin d'y mettre fin. On tente d'accélérer ce changement de mentalité en revendiquant sa personalité, son individualité, sa liberté. Cette “volonté d'accélération fera rejaillir certains traits psychologiques plus fondamentaux.
Du coup le skipper pourra apparaitre comme un “petit vieux, pesant et bordellique” alors que ce n'était pas du tout l'image qu'on en avait durant la traversée. Cela permet de justifier qu'il faille l'ignorer, voire l'oublier au plus vite. De la sorte on s'accapare aussi de “l'exploit”, qui cessera d'être celui de l'équipe entière, pour devenir le sien propre. On croit aussi pouvoir éviter par là, la déchirure affective de la séparation et le vide (et le chagrin) qu'elle pourrait générer.
Oh Oedipe tu n'est pas loin!
J'ai abordé ce sujet avec d'autres skippers et il me confirmèrent que ce genre de phénomène est classique et se produit très souvent une fois arrivé au terme du périple. D'où mon conseil, si vous embarquez des équipiers, terminez leur rôle rapidement après que le bateau touche terre. Au moins ainsi, le souvenir d'un équipage parfait ne sera pas entaché par une “mise à distance” tout aussi irrationelle qu'inutile.










Par: Destinations - 20.3.16

Terre en vue (par Pauline Ducept)



Sept heures du matin en Martinique, le 4 février. Ça fait quelque chose de voir une terre après vingts quatre jours d'Océan à perte de vue! Surtout être accueillie par des montagnes vertes aux pentes douces, si chaleureuses. Cette nuit la mer pour nos derniers quarts était paisible, une houle tranquille nous accompagnait. En début de nuit, j'ai fait mon quart entourée des millions d'étoiles tapissant le ciel, pas encore de bateau à l'horizon. Je reprend le quart à six heures du matin, il fait encore nuit noire. L'aube pointe le bout de son nez, laissant découvrir les couleurs de notre terre d'accueil et quelques barques de pêche à bâbord.
Soleil rougeoyant puis jaune or. Les oiseaux qui se faisaient rares sur l'océan tournoient en altitude au-dessus du bateau.
Le captain se lève, annonce "on va commencer à s'organiser pour l'arrivée" après avoir chanté sa chanson créole " Adieu marin..."

Par Pauline Ducept


Par: Destinations - 20.3.16

mercredi 16 mars 2016

Pauline Ducept : L'envers du décor.

Pauline, notre seconde équipière avait également tenu un journal de bord, voici donc un de ses articles "aigre-doux" (si je puis dire)

L’envers du décor

Dimanche 31 janvier 2016

 

Il y a deux jours, j’ai eu ma pire attaque de mal de mer : j’avais pensé que le moment était venu d’arrêter de me doper tous les matins, je n’ai donc pas pris ma demie dose du médicament du pharmacien Van Bosch... A midi, j’ai péniblement préparé trois bols de salade composée au pois chiche, concombre, cœurs de palmier et maquereau, assaisonnée de citron vert, sauce soja et huile d’olive.
Aussitôt mangée, aussitôt rendue en bouillie à Neptune. Une heure plus tard c’est l’eau que j’avais bue agrémentée de ma demi-dose que je renvoyais dans l’évier. Après ce gaspillage d’énergie, me voilà prostrée toute l’après-midi dans ma couchette, chaque mouvement du voilier secouant mon estomac essoré. Puis un empannage a eu raison de quelques spasmes me faisant sortir quelque chose comme du suc gastrique ou de la bile. Délice et volupté. Heureusement, le suppo (de Satan ?) envoyé en mission pour rétablir l’ordre interne a dû aider à calmer le jeu. Trois cuillères de riz au dîner. J’ai gardé précieusement le bol au creux de mon bras pour me donner du courage jusqu’à mon heure de quart, de trois à six heures du matin, que je ne voulais pas faire assumer à Clacla et Henri.

Trois heures du matin, Henri me secoue doucement le bras. « Je vais voir si j’arrive à me trainer jusqu’ à la toilette* ». Après cet exploit, je réussis à finir mon bol de riz et vingt minutes plus tard je suis habillée, dans le cockpit, prête à... m’y recoucher jusqu’à six heures et demie. Quelques efforts cependant toutes les vingt minutes pour faire le tour d’horizon, vérifier si le vent n’a pas forcit ou mollit et me recoucher aussitôt, la tête dans le coton, de la houle dans la tête.
Six heures trente. Encore un bol de riz salé et à l’huile d’olive avant de me recoucher. Le lendemain s’est présenté sous un bien meilleur jour : Henri à l’harmonica et moi au pandeiro, mer un peu moins houleuse, douche sur le pont, ça requinque !
*Les toilettes sont belges sur le Serendip.
Par Pauline Ducept


Par: Destinations - 16.3.16

dimanche 14 février 2016

Logbook du traceur

Au cours de notre Transat, nous envoyions quasi quotidiennement des SMS à un site de tracking, qui portait notre position sur la carte et y postait nos commentaires. Pour ceux qui n'ont pas eu l'occasion de les lire, voici rassemblés ces petits textos quotidiens. Mais une transat est avant tout une aventure humaine; à ce sujet j'en dirai plus dans des articles suivants.



09/01/2016 15:43

28° 15,350'N 16° 15,695'W
Beau départ, premier à franchir la ligne. Magnifique mer, bon vent. Tout le monde est la au "top" ... et en plus on pêche.

10/01/2016 19:45
27° 30,950'N 17° 32,517'W
Très peu de vent, première nuit de quart pour Clarisse et Pauline. On ecoute Dylan, tout va bien mais lentement, on ne veut pas épuiser le diesel dès les premiers jours.

11/01/2016 16:41
26° 25,111'N 18° 43,882'W
Enfin le vent (12-15nd d'est). Nous filons à 5.5 nd vers le SW, afin de trouver le vrai Alizée. Conditions excellentes, mais premieres gerbes ... c'est le bouquet

12/01/2016 19:05
24° 54,270'N 20° 36,580'W
Le vent a forci, la mer aussi. Les vagues tentent de faire des croche-pieds à Serendip, celui-ci s'en moque et continue sa route. Equipières très courageuses continuent à nourrir les poissons

13/01/2016 18:48
24° 08,437'N 22° 04,504'W
Matinée un peu agitée avec de gros gras grands grains (vent allant jusqu'à 38 nds). Après-midi plus clémente, premières douches d'eau salée sur le pont, Tout le monde va bien.

14/01/2016 19:06
23° 31,440'N 23° 38,500'W
Notre entrée dans les tropiques fut célébrée dignement dans la plus pure tradition. Un petit thon mordit a la ligne mais se détacha. Plus tard une horde de dauphins jouèrent avec notre sillage une demi heure durant. On va bien mais pas vite.

15/01/2016 18:55
22° 50,206'N 24° 56,016'W
Vents faibles, sommes obligés de faire beaucoup de moteur. avons mis le genois et le spi que nous a prêté Colin (de Persevere). Pauline nous prépare un gateau aux pommes et Henri fait des ananas flambés au rhum. Mmmmmm .

16/01/2016 17:40
22° 25,680'N 26° 21,930'W
Enfin l'alizée, trop faible à notre goût. Mais avec le genois sur un bord et notre petit spinnaker de l'autre, Serendip trace une route pas trop mauvaise, nous plaçant en bonne position parmi les autres concurrents.

17/01/2016 18:45
22° 06,380'N 28° 29,240'W
Les vents nous permettent un grand largue mais la mer et agitée. Nuit inconfortable. avons pris une bonite de 3.5 kg,préparée à la tahitienne pour le midi. Pauline est notre boulangère-pâtissière et Clarisse devient maître de manoeuvre. Le bonheur quoi!

18/01/2016 20:04
21° 57,200'N 30° 29,140'W
Toujours au grand largue, les filles ont pris leur première leçon de sextant. Serie noire: durant la nuit, les feux de position se sont arrêtés de fonctionner. On a mis un feu de secours,mais l'ecoute de spi l'a balancé à l'eau ...j'ai passé la journée a essayer de reparer mais sans succès.... pour l'instant.

19/01/2016 17:41
21° 55,030'N 32° 08,910'W
Poussé par l'alizé on avance à un train de sénateur. Comme les autres ne sont pas beaucoup plus rapide on reste à la 6e position. Avons croisé un couple de baleines. Pour le reste, un peu de casse à et là.

20/01/2016 18:31
21° 30,410'N 34° 05,020'W
Mer belle, nous marchons au cap 244. Nuit dernière agitée, mais bonne moyenne.La routine alizéenne s'installe. Plus "que" 1500 Mn jusqu'à la martinique (nous en avions 2630 au départ.)

21/01/2016 20:32
20° 10,000'N 35° 46,300'W
Sur conseils de nos routeurs et des gribs, faisons route plus vers le sud (SW pour être exact), de sorte à avoir plus de vent. Trois baleines ont croisé notre sillage. Hier soir nous avons repeint le carré avec les poires Belle Hélène qui ne voulaient pas rester dans les assiettes. Pour dire que nous menons une vie agitée

22/01/2016 19:48
19° 03,250'N 37° 16,600'W
Journée Zen, premiers bains de mer au milieu de l'Atlantique (tenu par un cordage), excellent clafoutis aux poires pour le goûter. Le bonheur tient a peu de choses.

23/01/2016 19:13
19° 10,760'N 38° 57,820'W
A 11h14 nous avons franchi la mi-route, qui comme tout le monde le sait est un point de non-retour. Tout va bien à bord.

24/01/2016 18:44
19° 08,940'N 41° 13,344'W
Mer croisée et forte nous secoue dans tous les sens, mais le vent nous permet de jolies pointes jusqu'a 7,8nds. Moyenne journalière approchant les 130Mn

25/01/2016 17:49
18° 06,230'N 43° 00,980'W
La mer ne s'est pas calmée, a l'intérieur cela ressemble a un shaker ou une. machine a laver. On rattrape ce qui tombe mais le on continue a faire une bonne vitesse en prenant une route plus au sud (SW pour être précis) idéalement, on cherche à se trouver a 160 degrés du vent apparent.

26/01/2016 18:03
17° 48,880'N 45° 12,540'W
Toujours cette mer croisée,mais toujours aussi une bonne vitesse avec 132MN pour les dernières 24h. On tient bon, même si les autres participants sont en majorité devant nous

27/01/2016 17:46
17° 26,260'N 47° 17,530'W
Après un excellent déjeuner mexicain: tortilla au tomates et poivrons, nous avons traversé une mer d'algues jaunes, nous rappelant les Sargasses des aventures de Bob Morane.

29/01/2016 17:31
16° 04,300'N 51° 07,200'W
Mer et vents se sont calmés un peu, il fait 30 degrés celsius. Tout le monde va bien, mais s'impatiente d'arriver ( le 3,4 ou 5 février)

30/01/2016 18:32
15° 11,487'N 52° 50,357'W
Lever de lune tardif dans la brume. Avons croisé un pétrolier (le premier depuis des semaines) et ... un rustique radeau de bois inhabité. On s'approche de la terre des hommes.

31/01/2016 18:44
14° 23,370'N 54° 40,300'W
La chaleur et quelques grains laissent présager que nous nous approchons des îles. Trois frégates virevoltent autour de Serendip

01/02/2016 20:16
14° 56,000'N 56° 35,370'W
Les journées deviennent longue, car nous voudrions être déjà là. Un poisson volant a assailli le skipper... quel manque de savoir-vivre !

02/02/2016 18:58
14° 16,700'N 58° 06,450'W
Nous arriverons probablement le 4 en début d'après-midi, juste à temps pour le cocktail final. A bord on devient impatient d'autant plus qu'il fait une chaleur tropicale et que le frigo ne marche plus.

04/02/2016 20:51
14° 28,080'N 60° 51,930'W
Bien arrivé à la Martinique, on s'est tous retrouvés dans un restaurant avec les autres participants du rallye... ils nous ont fait une ovation qui nous a bord fort ému. La page est tournée, quoi d'autre à présent ?




Par: Destinations - 14.2.16